Le Leader Politique - Son programme
PREMIERE PARTIE : LA MODERNISATION DES SERVICES PUBLICS
samedi 16 octobre 2010
I - RASSEMBLONS LA NATIONCLIQUER ICI pour télécharger et lire le VIVRE ENSEMBLE, Le programme de gouvernement de Alassane Ouattara, Président du RDR.

Nos origines ethniques et nos appartenances religieuses variées ont été utilisées ces dernières années pour nous diviser. Nous devrons tous être attentifs à ne plus jamais réveiller ces rivalités.

C'est pourquoi l'un des principes fondamentaux de l'action de notre gouvernement sera de favoriser le brassage des groupes, .................
PREMIERE PARTIE


  La modernisation des services publics

I - RASSEMBLONS LA NATION

Nos origines ethniques et nos appartenances religieuses variées ont été utilisées ces dernières années pour nous diviser. Nous devrons tous être attentifs à ne plus jamais réveiller ces rivalités.

C'est pourquoi l'un des principes fondamentaux de l'action de notre gouvernement sera de favoriser le brassage des groupes, ethniques ou religieux et de mettre en valeur nos extraordinaires complémentarités.

Nous nous engageons à mettre en place un gouvernement de rassemblement intégrant les compétences issues des principales forces politiques et de la société civile.

Les ministres travailleront suivant un plan d'actions gouvernementales qui définira dans le temps les objectifs, les résultats à atteindre et les indicateurs de performance.

Les nominations aux postes à responsabilité de l'État seront opérées sur la base de critères de mérite, en veillant toutefois à un certain équilibre géographique.

La localisation des actions du gouvernement se fera sur des critères transparents, compréhensibles par tous, fondés sur l'équité et sur la nécessité de rattraper le retard pris par certaines zones dans leur développement.

Quelle est notre conception des relations entre l'État et les religions ?
- nous réaffirmons l'importance des principes de neutralité et de laïcité de l'État et de tolérance de toutes les convictions religieuses et non religieuses ; chaque Ivoirien doit pouvoir vivre sa foi en toute liberté, - nous réaffirmons aussi que l'État se doit d'être à l'écoute des problèmes des communautés religieuses et de les aider à les résoudre.

  Ces principes réaffirmés, nous énonçons les principaux axes de notre politique en la matière :

- l'État pourra aider dans l'équité les communautés religieuses, par exemple en mettant à leur disposition des terrains pour la construction de lieux de culte, voire en leur octroyant des subventions, ? l'État encouragera la connaissance des religions : un enseignement de base sur l'histoire des religions sera introduit dans les programmes scolaires, ? l'État encouragera les actions sociales de mouvements à caractère religieux, et notamment les actions conjointes qu'elles voudront réaliser ensemble : de jeunes chrétiens et de jeunes musulmans seront par exemple encouragés à agir ensemble sur le terrain, au service de la grande cause sociale de la lutte contre la pauvreté.

- l L'État observera la pratique des religions par le biais d'une autorité représentative de l'ensemble des confessions : le Conseil Supérieur des religions et des convictions. Il sera chargé tout particulièrement :

o d'attirer l'attention de l'État sur les manquements éventuels de certains de ses démembrements à ses obligations de neutralité et de laïcité ; il jouera en quelque sorte un rôle d' "observatoire de la laïcité", o de conseiller l'État quand il s'agira d'éviter les débordements dangereux pour la société du fait de certains groupes religieux.

  II - CONSTRUISONS UNE DÉMOCRATIE DE TOLÉRANCE ET D'EFFICACITÉ

Notre jeune démocratie en est encore au stade des balbutiements ; ces dernières années nous l'ont cruellement démontré. Or, rien de durable ne pourra être accompli si nous ne réussissons pas d'abord notre démocratie, si nous ne parvenons pas à faire primer les débats d'idées sur les querelles partisanes.

Voici notre projet pour la démocratie ivoirienne.

Nous organiserons des débats nationaux sur les grandes questions de société , en particulier sur le rôle des institutions de la République (Assemblée Nationale, Conseil Économique et Social, Médiature, Conseil Constitutionnel, etc.) et sur l'opportunité de la création d'un Sénat.

Nous prendrons les bonnes idées, d'où qu'elles viennent. Nous encouragerons une forte participation de l'opposition à ces débats.
Nous réviserons la loi sur le rôle et le statut de l'opposition pour lui donner une plus grande liberté d'expression et les moyens de son éclosion. Nous veillerons également à une distinction nette entre les fonds publics mis à la disposition

du parti au pouvoir et ceux consacrés aux actions de l'État.
Nous confierons à notre système éducatif la mission essentielle de former des citoyens responsables, conscients de leurs droits et de leurs devoirs. Nous faciliterons l'émergence de médias toujours plus professionnels et plus responsables . Nous nous doterons d'une Justice indépendante, impartiale et efficace

. Nous ferons appel à la communauté internationale pour nous aider dans tous ces projets, dans le cadre d'un programme d'appui au développement de la démocratie en Côte d'Ivoire . Au moment des élections, la présence d'observateurs étrangers sera systématique.
  La révision de la Constitution : pourquoi ? Comment ?  On a introduit dans la Constitution de 2000 des dispositions néfastes et ambiguës tendant à diviser la Nation en plusieurs catégories d'Ivoiriens.
La révision de la Constitution que nous proposerons portera sur les points suivants :

- l article 35, relatif aux conditions d'éligibilité des candidats à la Présidence de la République : toutes les mentions discriminatoires relatives aux origines et au parcours des candidats seront supprimées, ? article 38, relatif aux pouvoirs exceptionnels du Président de la Commission chargée des élections et du Conseil Constitutionnel en cas "d'évènements ou de circonstances graves" rendant impossible le déroulement normal des élections ou la proclamation des résultats : cet article sera supprimé ; le Code électoral étant suffisant pour traiter ces cas ; il précisera de façon stricte et limitative les événements et circonstances graves à prendre en considération, - l Les conclusions des débats nationaux sur les institutions de la Républiques seront prises en compte dans la nouvelle constitution. Nous y inscrirons le statut particulier des rois et chefs coutumiers qui jouent un rôle important dans la cohésion sociale.

Nous ouvrerons à la création d'une chambre africaine des autorités coutumières. Conformément aux articles 125 et 126 de la Constitution, le projet de révision sera soumis au vote de l'Assemblée Nationale. Après avoir été voté par plus des 2/3 des députés en fonction, il sera soumis à l'approbation du peuple par la voie d'un référendum.

III - DOTONS-NOUS D'UNE JUSTICE INDÉPENDANTE, IMPARTIALE ET EFFICACE

La Justice de notre pays est devenue un océan de laisser-aller général au milieu duquel certains "îlots de résistance" occupés par des magistrats et professionnels consciencieux résistent tant bien que mal. Or, plus que jamais, nous avons besoin d'une justice indépendante, impartiale et efficace au service des citoyens et des entreprises.
Pour commencer, afin de clarifier le pouvoir des différents acteurs, nous éliminerons les contradictions qui ont été introduites dans la Constitution de 2000 : les magistrats "du Parquet" seront à nouveau placés sous l'autorité du Ministre de la Justice ; le Ministre de la Justice réintégrera le Conseil Supérieur de la Magistrature.
Le statut de la magistrature sera adapté aux réalités des méthodes de travail modernes. La Justice devra s'engager sur des délais de traitement de toutes les affaires qui lui seront soumises. Ainsi, un extrait de casier judiciaire ou un certificat de nationalité devra être obtenu en moins de deux jours.
Nous veillerons à introduire une nouvelle culture de la relation entre la Justice et les justiciables.
Les demandes des documents les plus simples pourront être adressées par internet. Les documents établis seront envoyés par la même voie. Et bien sûr, la délivrance de ces actes redeviendra strictement gratuite au niveau des droits de timbres. Beaucoup de démarches et de déplacements inutiles seront ainsi évités.
Nous mènerons une lutte drastique contre la corruption . Nous n'hésiterons pas à radier les personnels de justice corrompus. Les tribunaux seront bien sûr débarrassés des "margouillats" et autres intermédiaires aussi coûteux que douteux. La Justice aura besoin demoyens pour fonctionner . C'est pourquoi nous mettrons en place un programme prioritaire dans les cinq ans du mandat : la "carte judiciaire 2015"

. Il comprendra :

- l la modernisation de l'ensemble des services judiciaires ;
- l la rénovation de l'ensemble des tribunaux existants ;
- l la construction de 15 tribunaux de 1ère instance, de 12 nouvelles sections, de 13 maisons d'arrêt et de correction et de 2 tribunaux de commerce (Abidjan et Bouaké) ;
- l la construction d'un nouveau palais de justice plus grand et plus fonctionnel pour abriter le tribunal de 1ère instance d'Abidjan et l'affection des locaux de l'actuel Palais de Justice d'Abidjan à la Cour d'Appel d'Abidjan ;

- l la construction d'une école de la magistrature et des professions libérales qui formera au droit mais également au monde des affaires, de manière à ce que les juges aient une bonne connaissance de son fonctionnement.
Tous les moyens logistiques nécessaires seront mis à disposition des personnels de justice : bureaux, matériels et logiciels informatiques, véhicules de service, consommables, etc.
Nous mettrons en place avant fin 2012 une base documentaire sur la Justice qui rassemblera tous les textes et éléments de jurisprudence utiles. Elle sera accessible simplement et gratuitement par internet. Ces investissements et ces réformes permettront :

- l d'améliorer la qualité et la rapidité du traitement des contentieux ;
- l de traiter les prisonniers de façon humaine ;
- l de former des magistrats compétents qui ont une bonne connaissance du droit et particulièrement du droit des affaires. Au total, nous consacrerons 225 milliards de FCFA au développement de la Justice.

IV - METTONS NOTRE ARMÉE AU SERVICE DE LA COHÉSION DE LA NATION - ASSURONS LA SÉCURITÉ DES BIENS ET DES PERSONNES

Nos forces de défense et de sécurité sortiront profondément meurtries des années de crise que nous venons de traverser. Mais ne nous le cachons pas, elles étaient déjà rongées insidieusement par plusieurs maux : le manque d'objectifs clairs, un déséquilibre des moyens humains et matériels, un rejet par le monde civil, la politisation, etc. Engageons sans faux fuyant le débat sur ce sujet crucial pour lequel, l'Accord Politique de Ouagadougou a déjà réglé certains aspects. Une fois aux affaires, nous dégagerons le consensus qui sera né de ce débat et prendrons nos responsabilités. Quelle est notre vision des choses ? 

Tous les Ivoiriens aspirent à un retour rapide et définitif à une situation normale en matière de sécurité. Nos divisions sont notre principal ennemi. C'est pourquoi nous allons demander à nos Forces de Défense et de Sécurité de jouer leur rôle de "fabrique de cohésion nationale". La création d'un service national obligatoire (de 45 à 60 jours) pour tous les fils et toutes les filles de notre pays répond à ce souci. Ce service, militaire, civil ou mixte, procurera aux jeunes d'une même génération le goût de l'effort et le sens de la discipline d'une part et leur fera prendre conscience des valeurs qui les unissent et du destin commun qui les attend d'autre part. Dans ce cadre une formation militaire de courte durée sera dispensée aux élèves fonctionnaires sortant de l'ENA ou des grandes écoles.

Les différents corps (l'Armée, la Police, la Gendarmerie, .) joueront pleinement leur rôle conformément aux missions qui leur sont confiées, àsavoir :

  - l la sécurité des biens et des personnes à l'intérieur du pays par laGendarmerie et la Police ;
- l la sécurité aux frontières et la garantie de l'intégrité du territoire national par l'Armée qui pourrait être sollicitée pour appuyer la gendarmerie et la police dans le maintien de l'ordre en cas de besoin.
Pour ce faire, nous donnerons à nos Forces de Défense et de Sécurité les moyens nécessaires à la pleine exécution de leurs missions :

Pour tous les corps, 

- l les recrutements et les promotions se feront de façon transparente et sur la base de critères clairs : la formation, l'adhésion aux valeurs morales et militaires, l'expérience, le mérite, les résultats ;
- l les casernes et autres locaux seront réhabilités, les dispositions essentielles du Code de la Fonction Militaire seront appliquées, en ce qui concerne notamment la santé des militaires et de leurs familles ;
- l le Tribunal Militaire sera remplacé par une Chambre Militaire auprès du Tribunal Civil ;
- l la mise en place d'un cadre permanent d'échange et de dialogue au sein des forces armées dans le respect de la discipline.
Pour l'Armée,
  Les principes de base sur lesquels nous ferons fonctionner notre nouvelleArmée seront clairs :

- l son organisation sera simplifiée, les doublons de postes et les ambiguïtés seront supprimés, les responsabilités seront clairement définies, les contrôles des résultats et de l'efficacité des dépenses seront réalisés à posteriori ; - l le Gouvernement et l'Assemblée Nationale définiront les missions de l'Armée et ses budgets d'investissement et de fonctionnement ;
- l le Conseil Supérieur de Défense réactivé et le Ministère de la Défense assureront la nécessaire supervision de ses activités ;
  - l le monde politique ne s'ingèrera pas dans son fonctionnement courant ;
- l l'âge moyen des effectifs, qui est de plus de 40 ans aujourd'hui, devra être ramené à 35 ans;
- l des passerelles vers la vie civile seront offertes aux militaires atteints par les limites d'âge ou de durée de service ;
- l la part des budgets consacrée à l'acquisition et à la maintenance des équipements, au fonctionnement courant, aux entraînements et aux manouvres passera d'à peine 10% à 30 ou 40%. Nous aurons bien sûr à traiter de l'importante question des sureffectifs que nous allons hériter des années de crise. Leur démobilisation sera mise en ouvre de façon progressive, sans laisser quiconque sur le bord du chemin. Nous inciterons au départ volontaire par l'octroi de pécules adaptés et nous proposerons des options concrètes de reconversion dans la vie civile.

Pour la Gendarmerie et la police, 

Nos forces de Police et de Gendarmerie intensifieront leurs actions sur le terrain ; des moyens plus performants leur seront affectés. Elles bénéficieront d'un système judiciaire efficace qui traitera rapidement les dossiers des malfaiteurs et des délinquants et les sanctionnera avec toute la rigueur et la sévérité nécessaires, De plus, nous déploierons un dispositif social qui permettra de prévenir la délinquance, de réinsérer les primo-délinquants et de minimiser les risques de récidive :

- l l'école obligatoire pour tous nos enfants jusqu'à l'âge de 15 ans ;
- l une formation professionnelle pour tous ;
- l des emplois et des activités pour un maximum de jeunes ;
- l des périodes de service national militaire ou civil en lieu et place des peines de prison, pour les jeunes délinquants légers et pour certains types de délits.
  V - REPRENONS EN PROFONDEUR LE PROCESSUS DE DÉCENTRALISATION

Décentraliser aussi rapidement que possible et dans l'ordre, oui. Décentraliser comme cela est fait depuis près de 10 ans dans la confusion et souvent dans l'incohérence, certainement pas.
C'est pourquoi nous allons reprendre en profondeur le processus de décentralisation en commençant d'abord par sa préparation.

Quelques grands principes : 

Oui à la communalisation complète du territoire mais non à l'équation : "un village, une commune". Les communes trop petites ainsi crées ne seraient pas viables, la cohésion sociale locale risquerait d'être rompue. Privilégions la logique de communes composée de plusieurs villages, parmi lesquels un village-centre aura une vocation de chef-lieu reconnue par tous. Le nombre final de communes ne devrait pas excéder, dans ces conditions, 3 000.

Au niveau des sous-préfectures, des départements et des régions, seule la loi fera évoluer la carte administrative sur la base de critères équitables et précis.
Nous supprimerons les Districts. Abidjan et Yamoussoukro, à l'image des autres villes à créer, seront dirigées par des conseillers municipaux élus.

Pour chaque collectivité locale, des responsabilités claires :

Selon les textes actuels, les mêmes responsabilités sont souvent partagées entre les communes, les départements et les régions. Cela n'a souvent aucun sens sur le plan technique (la gestion du cadastre rural par exemple) et conduit à une dilution des responsabilités qui nuit à l'efficacité globale. Nous remettrons de l'ordre dans tout cela.
  Quelques grandes mesures : 

- l nous allons tout d'abord établir un véritable plan opérationnel de décentralisation ;
- l nous commencerons par revoir les décrets relatifs au transfert et à la répartition des compétences de l'État aux collectivités territoriales ;
- l nous définirons les organisations-types des différentes collectivités territoriales ainsi que les budgets qui leur permettront de faire face à leurs responsabilités. Nous le ferons sur la base de critères équitables et précis : population, superficie, degré d'équipement, éventuels retards à rattraper, etc.
- l nous concevrons des systèmes de financement pérennes et prévisibles permettant aux collectivités territoriales de faire face à ces budgets et de pratiquer une saine gestion ;
- l nous organiserons les transferts des moyens humains selon des modalités garantissant les intérêts des fonctionnaires concernés. Il s'agira de préciser les conditions d'emploi et de déroulement des carrières des agents des collectivités territoriales. Nous établirons les conditions de leur contrat et le déroulement de leurs carrières en concertation avec leurs syndicats ;
- l nous organiserons également le transfert des moyens matériels nécessaires : locaux, véhicules, matériels informatiques, etc. ;
- l nous créerons une Agence Nationale d'Assistance-Conseil et de contrôle des opérations des collectivités territoriales dont le rôle consistera à apporter un soutien technique aux collectivités territoriales.
Elle constituera un outil technique au service d'équipes techniques. Les débats politiciens n'y seront naturellement pas de mise. Il s'agira aussi de contrôler leurs activités pour le compte de la tutelle, et notamment la façon dont est dépensé l'argent public.
- l Nous allons faire revivre le Fonds de Prêts aux Collectivités Locales :

o Les Communes, les villes, les départements et les régions pourront s'adresser à ce Fonds pour financer rapidement et simplement leurs développements : marchés, gares routières, morgues, hôtels de ville. Aux collectivités de présenter de bons projets !
o Nous envisagerons, dans un deuxième temps, une fois rôdé le mécanisme et prouvée la maturité du comportement des acteurs, la transformation du Fonds de Prêts aux Collectivités Territoriales en une véritable Banque de Développement des Collectivités Territoriales.
Pour accompagner cette nouvelle politique, l'État entreprendra un vaste programme de rattrapage des très importants retards accumulés en matière d'infrastructures et d'équipements collectifs, notamment sociaux :

- l nous construirons des écoles, des collèges, des lycées, des dispensaires, des hôpitaux, (l'État n'en a presque plus construit depuis 1993, alors que la population a cru en moyenne de 3,8% par an) ;
- l nous mettrons en place un vaste plan de sauvetage d'urgence de notre réseau routier.

  VI - REPENSONS LE ROLE ET LE FONCTIONNEMENT DE L'ETAT ET RECONSTRUISONS NOTRE FONCTION PUBLIQUE

Repensons le rôle de l'État et restaurons son autorité. 

Je suis partisan d'un État fort, impartial et juste.
Un État fort est un État qui écoute et analyse avant de décider, qui mobilise pour cela l'intelligence et l'imagination de toutes les forces vives de la Nation et s'assure que les décisions sont effectivement mises en ouvre et qu'elles permettent d'obtenir les résultats escomptés.
Un État fort est un État qui laisse la liberté des initiatives et des activités aux citoyens et aux opérateurs économiques dans le cadre d'une règle de jeu simple et claire mais rigoureuse.
Un État fort est un État qui délimite bien ce qui est de son ressort, et ce qui ne l'est pas.
Un État fort est un État qui fait son travail ou qui le fait faire par d'autres, plus efficaces.
Un État fort est aussi un État loyal qui respecte ses engagements.
Un État fort est un État impartial et juste qui observe et corrige les irrégularités, qui se préoccupe des plus défavorisés, qui agit concrètement en leur faveur, qui organise la nation pour qu'elle produise le maximum de richesses et redistribue en toute équité les richesses produites par les différentes couches.
Si je devais donner un nom au régime que je pense être le meilleur pour conduire la Côte d'Ivoire et l'ensemble des Ivoiriens vers le développement, la prospérité et le bonheur, je donnerais celui de "libéralisme à visage humain " : libéralisme parce que, sans liberté de penser et d'agir, l'être humain n'entreprend pas, ne crée pas et ne s'épanouit pas ; à visage humain
parce que nous mettrons en place une politique sociale des plus hardies.
  Quelle est la réalité de notre fonction publique aujourd'hui ? 

Notre fonction publique est malade, les usagers de nos services publics le savent. Les recrutements ne sont plus opérés sur des bases objectives. Les effectifs ne sont plus gérés ; plus de la moitié des fonctionnaires est à Abidjan alors que la moitié des besoins n'y sont pas. Les conditions de rémunération des fonctionnaires sont devenues incohérentes et injustes. Les réformes et évolutions nécessaires ou mêmes indispensables sont de fait rejetées par les fonctionnaires. Les services publics qui sont, en principe, gratuits, ne le sont souvent plus dans la pratique. Les moyens matériels et les budgets pour faire fonctionner les services manquent souvent. La corruption s'est généralisée. De plus en plus de fonctionnaires gagnés par le découragement n'ont plus le cour à l'ouvrage.
Nous allons immédiatement revenir à de bonnes méthodes de gestion : 

- l les recrutements sur concours, en veillant à la moralité des procédures, en les régionalisant si nécessaire, pour que les candidats postulent dès le départ pour des postes dans des zones géographiques qui leur conviennent ;
- l la reconnaissance et la récompense du mérite dans les avancements et les évolutions des rémunérations ;
- l la saine gestion des effectifs : un bilan complet des ressources, des besoins sera fait dès la première année.
Objectif : garantir le juste niveau des effectifs, et mieux gérer les carrières et compenser les sous-effectifs à l'intérieur du pays par une réaffectation judicieuse des sureffectifs d'Abidjan ;
- l la saine budgétisation et la saine gestion des moyens matériels. Nous accorderons la plus grande importance au contrôle du bon fonctionnement de l'État et des collectivités territoriales ainsi qu'au contrôle des administrations assuré par l'inspection générale d'État.
Nous intensifierons les contrôles économiques et financiers d'État exercés par la Cour des Comptes et la doterons de moyens adéquats pour mieux accomplir ses missions.
  Nous reviendrons progressivement à une meilleure cohérence des systèmes de rémunération des différents corps et les remettrons à plat dans les secteurs qui le nécessitent.
Chaque année, comme il se doit, nous partagerons avec les fonctionnaires les fruits de la croissance retrouvée dans les conditions que nous discuterons avec les syndicats qui les représentent.
Nous formerons les fonctionnaires de façon plus moderne et plus ouverte sur le monde extérieur. Ils seront à l'écoute des opérateurs économiques privés.
Nous réformerons l'École Nationale d'Administration.
Nous développerons les enseignements de l'économie, de la finance, de la gestion des affaires publiques et privées.
Nous systématiserons les stages dans le secteur privé, pendant la formation initiale des fonctionnaires, mais aussi pendant toute leur carrière.
Nous favoriserons les échanges de compétences entre les secteurs public et privé pour permettre aux fonctionnaires de s'imprégner des réalités du terrain et aux cadres du secteur privé de s'approprier les méthodes et procédures de l'Administration.
Nous favoriserons également les passages momentanés dans les institutions internationales, enrichissants pour les individus, mais aussi pour l'État. Dans le cadre de la décentralisation, les transferts entre la Fonction Publique et les collectivités territoriales seront facilités. Les fonctionnaires transférés bénéficieront d'un statut et des systèmes de gestion des carrières et de formation continue favorisant la mobilité et l'épanouissement professionnel.
Nous réhabiliterons les locaux et réquiperons les services aussi rapidement que possible.
Tout cela permettra aux fonctionnaires d'accomplir effectivement leurs tâches dans de bonnes conditions.
Améliorons le système de retraite des fonctionnaires :  

- l les fonctionnaires ont droit à une retraite après avoir servi : elle est méritée, elle leur est due contractuellement et moralement ;
- l la réalité, tous les retraités la connaissent, tous ceux qui s'approchent de l'âge de la retraite la redoutent : vous partez à la retraite et vous vous engouffrez dans une sorte de tunnel, long de 1 ou 2 ans, dans lequel vous ne percevez pas encore votre pension, une sorte de tunnel où vous êtes démunis de toute ressource alors qu'il vous faut justement réadapter votre vie. Cela est inacceptable. Nous allons mettre un terme immédiat à cette situation. Voici comment :

- l nous allons transférer à la Caisse Générale de Retraite des Agents de l'État qui ne traite actuellement que les dossiers des forces de l'ordre, la responsabilité de la liquidation des pensions de tous les fonctionnaires ;
- l nous allons demander aux ministères, aux autres employeurs publics et au ministère de la Fonction Publique de s'organiser pour transmettre à l'avance les dossiers de départ à la retraite à la CGRAE, 6 mois avant les départs effectifs, de façon à assurer qu'il n'y ait plus aucune discontinuité entre le dernier salaire et la première pension ; l'informatisation générale des services de l'État permettra de constituer une base de données unique et fiable, accessible à tous les services concernés ;
- l nous allons simplifier le dispositif, notamment en fondant tous les textes régissant la retraite en un seul et unique Code des Pensions Publiques traitant le régime de droit commun et les régimes spéciaux ; nous regrouperons les pensions actuelles, d'ancienneté et proportionnelle, en une seule pension de retraite ; - l nous allons assouplir les conditions de réversion des pensions aux orphelins mineurs comme aux conjoints survivants, sans faire de distinction entre les veufs et les veuves ;
- l nous allons indexer les pensions sur le coût de la vie, pour que l'inflation n'érode pas petit à petit le pouvoir d'achat qu'elles procurent ;
- l nous faciliterons la mise en place de régimes complémentaires de retraite pour ceux qui voudront faire l'effort d'épargner davantage ;
- l nous allons également corriger les injustices actuelles du système dans le nouveau code des pensions publiques ;
- l enfin, nous allons prendre des mesures qui s'adresseront à l'ensemble des retraités et des personnes âgées :

o parce qu'à 57 ou 60 ans, on n'est pas vieux de nos jours, nous organiserons tant dans le secteur public que dans le secteur privé des cadres d'emploi souples des retraités qui souhaiteront garder une activité. La mise à la retraite ne sera plus jamais vécue comme une sanction;
o nous inciterons les communes à animer leurs vies quotidiennes, en créant notamment des espaces où ils pourront se retrouver pour se cultiver, se distraire ou simplement se détendre dans un cadre qui y soit propice ;
o nous instaurerons chaque année une journée des personnes âgées nous permettant de les honorer comme il se doit ;
o nous créerons dans nos hôpitaux des services spécialisés de gériatrie et de gérontologie.