Au moins trois personnes sont mortes et des dizaines ont été blessées dans le sud de la Côte d'Ivoire dans des affrontements entre partisans du président Gbagbo et militants de l'opposition depuis le 17 juillet, date du lancement du processus d'identification des électeurs organisé dans la perspective du scrutin présidentiel, prévu avant le 31 octobre. 
Après les violences de Divo, dimanche 23 juillet (au moins deux morts et 36 blessés), des heurts entre "jeunes patriotes" proches du régime venus en car d'Abidjan et opposants ont fait au moins un mort, mardi 25 juillet à Bassam, à 30 km de la capitale économique.
Le secrétaire général de l'ONU a condamné ces violences, qui "constituent une violation" des accords de paix. Kofi Annan s'est dit "profondément préoccupé par les récentes déclarations incendiaires" du chef du parti présidentiel "incitant les patriotes à commettre des actes de violence (...)".
L'intéressé avait proclamé sa détermination à "empêcher par tous les moyens" la poursuite du processus d'identification des électeurs. Cette opération, réalisée lors d'audiences foraines par des juges itinérants, vise à fournir des documents d'état civil et d'identité aux nombreux Ivoiriens qui n'en possèdent pas.
Parmi eux se trouvent des personnes originaires du nord du pays, tenues pour "étrangers" par les partisans de l'"ivoirité". Les papiers remis par les magistrats permettent la délivrance d'une carte d'électeur.
Le processus constitue un préalable à l'élection présidentielle, déjà reportée d'un an, où M. Gbagbo joue son avenir politique. Ses partisans craignent que des cartes d'électeur ne soient distribuées à des "non-Ivoiriens" et à des immigrés favorables aux rebelles qui contrôlent le nord du pays.
Lors d'une allocution télévisée, lundi soir, le premier ministre de transition, Charles Konan Banny, a annoncé sa détermination à poursuivre les opérations d'identification, partie intégrante du processus de "sortie de crise".
Il a assuré que toutes les précautions étaient prises contre la fraude. "Rien ne justifie la violence", a-t-il martelé.
Quelques heures plus tôt, le véhicule du haut représentant de l'ONU pour les élections, Gérard Stoudmann, avait été la cible de cailloux lancés par de "jeunes patriotes" sous les yeux des forces de l'ordre.
