Le leader politique Alassane Dramane Ouattara - Idées forces
Idées forces

Pour  qui veut sonder la personnalité  d’Alassane  Ouattara, les discours qu’il a prononcés à travers le monde  et les contributions qu’il a faites à des séminaires  ou à des colloques  comme haut fonctionnaire ou homme politique ainsi que les nombreuses interviews qu’il a accordées constituent  une matière riche et irremplaçable.

Ce sont ces prises de parole, à maintes occasions, qui permettent de mieux cerner l’homme et de  comprendre sa pensée profonde sur les problèmes du moment et le sens de son engagement politique.

Alassane Ouattara, un libéral soucieux de justice sociale

 
De ses nombreuses interventions, apparaissent  des idées forces qui le  caractérisent.  Des idées exprimées  sans emphase, mais avec simplicité.
Au nombre de celles-ci, figure son attachement  au libéralisme. Il s’agit d’un libéralisme   qui  ne se réduit pas à la recherche effrénée du profit, mais plutôt  qui renvoie à des valeurs telles que la liberté individuelle, la liberté d’entreprendre, la liberté de choix, la reconnaissance de la propriété privée et le respect  de l’être humain.
Mais, s’il s’affiche libéral sans complexe, il refuse tout dogmatisme. Il prône un libéralisme plutôt tourné vers la justice sociale. Cette exigence de solidarité qu’il considère comme essentielle a inspiré les politiques d’ajustement structurel  du FMI lorsqu’il assumait les fonctions de Directeur général Adjoint.
Ce souci de justice a également présidé à l’élaboration des mesures d’accompagnement qu’il a prises, en prévision de la dévaluation du FCFA, avant sa démission de ses fonctions de Premier Ministre, suite à la disparition du Président Félix Houphouët-Boigny.
 
Il est au cœur de toutes les contributions qu’il a faites sur la réduction de la pauvreté et l’allègement de la dette des pays pauvres.
A cet égard, Alassane Ouattara  soutient la thèse selon laquelle le développement social est la finalité de toute bonne politique économique.

Les conditions du développement : une bonne politique économique, la mise en place d’institutions  démocratiques et la participation des citoyens.

Par  bonne politique économique, il entend  une politique budgétaire saine, une politique monétaire prudente et des taux de change appropriés. Il est l’un des chantres de la bonne gouvernance, de la transparence et de la lutte contre la fraude et la corruption qu’il qualifie d’actes anti- développement.


 En matière de développement économique, il se prononce pour une  concentration de l’état sur ses tâches  essentielles : la santé, l’éducation et la formation, le développement  des infrastructures, la sécurité des biens et des personnes, son rôle devant consister essentiellement à créer les conditions  d’un développement du secteur privé considéré comme le moteur de la croissance.


Dans ses réflexions, il  affirme que le développement économique n’est  possible que si les  institutions  sont  démocratiques. Ce qui implique le respect des droits de l’homme, l’existence d’une justice  crédible garantissant les intérêts des investisseurs et d’une véritable société civile.

Chantre  d’un vrai partenariat entre le Nord et le Sud pour  relever les défis.

L’objectif qu’il poursuit : arrimer les économies africaines au système mondial. Selon  Alassane Ouattara, Cela ne peut être atteint que si l’accent  est mis sur  la coopération régionale en Afrique.  Dans ce cadre, il cite à l’envi l’intégration sous-régionale dont il a été l’un des artisans quand il était Gouverneur de la BCEAO.
Partisan d’une société ouverte, il ne manque pas d’exprimer ses inquiétudes sur les tentations de repli nationaliste susceptibles  d’entraver  cette intégration qui  représente un véritable facteur  de paix.
D’une manière générale, il estime  que le maintien de la paix passe par la mise en place  d’un vrai partenariat entre le Nord et le Sud.


Pour Alassane Ouattara, seule une mise en commun des moyens permettra de relever les défis qui se présentent à l’humanité : la gestion de l’environnement, la lutte contre le terrorisme, contre le grand banditismes et les pandémies, la promotion des droits de l’homme.


A propos des droits de l’homme, il pense que l’impunité doit être combattue avec plus de vigueur. C’est la raison pour laquelle, il  voit d’un bon œil l’existence d’une cour pénale internationale pour juger les crimes de sang et les crimes contre l’humanité.

 
L’ambition d’Alassane Ouattara pour la Côte d’Ivoire
 
Cette vision est présente  dans son programme de gouvernement où il énonce les valeurs  et l’idéal de paix qu’il veut incarner, où il indique le sens de son engagement en politique. Pour lui, la finalité n’est pas le pouvoir pour le pouvoir. S’il a répondu à l’appel de ses compatriotes c’est parce qu’il pense être utile à son pays.

Dans ce programme qu’il a appelé à dessein «  Vivre Ensemble »,  aucun problème n’est  éludé notamment  la place de la femme dans  la société, le rôle de la jeunesse. Bien sûr, il explique comment il entend  remettre le pays sur les rails, lui  donner un nouvel élan ; mais, ce qu’il considère comme  priorité c’est la construction de la Côte d’Ivoire, en raison des dégâts causés par la politique d’ivoirité.

Selon, Alassane Ouattara, seul un pouvoir tirant sa légitimité des urnes pourra s’atteler à une tâche aussi gigantesque. Il en appelle donc clairement  à un renouveau  qui passe, selon lui, par l’acceptation  de nos différences et par la participation à la gestion du pays de toutes les composantes de la nation.
 
En clair, selon lui seule une légitimité sortie des urnes permettra  de forger un nouveau contrat social  susceptible de ramener la  paix et la stabilité. Cette ambition est  clairement déclinée dans les 65 pages que compte le programme  de Gouvernement.

Héritier du Président Félix Houphouët-Boigny dont il salue l’œuvre de construction nationale,  il  croit au consensus et au dialogue. C’est pourquoi, il présente  l’Accord de Linas- Marcoussis comme le meilleur cadre de règlement  de la crise ivoirienne et comme une chance pour ramener la paix et la stabilité.
 
Homme de consensus, il a compris que la Côte d’Ivoire aura besoin pendant plusieurs années d’un gouvernement d’union nationale à l’issue des prochaines élections générales, même si un parti  politique dispose d’une majorité confortable pour gouverner.
Face aux blocages du processus de réconciliation nationale, Alassane Ouattara  est convaincu que seule une alliance des héritiers du  Président Félix Houphouët-Boigny peut sauver la Côte d’Ivoire.