Pour qui veut sonder la personnalité d’Alassane Ouattara, les discours qu’il a prononcés à travers le monde et les contributions qu’il a faites à des séminaires ou à des colloques comme haut fonctionnaire ou homme politique ainsi que les nombreuses interviews qu’il a accordées constituent une matière riche et irremplaçable.
Ce sont ces prises de parole, à maintes occasions, qui permettent de mieux cerner l’homme et de comprendre sa pensée profonde sur les problèmes du moment et le sens de son engagement politique.
Alassane Ouattara, un libéral soucieux de justice sociale
Les conditions du développement : une bonne politique économique, la mise en place d’institutions démocratiques et la participation des citoyens.
Par bonne politique économique, il entend une politique budgétaire saine, une politique monétaire prudente et des taux de change appropriés. Il est l’un des chantres de la bonne gouvernance, de la transparence et de la lutte contre la fraude et la corruption qu’il qualifie d’actes anti- développement.
En matière de développement économique, il se prononce pour une concentration de l’état sur ses tâches essentielles : la santé, l’éducation et la formation, le développement des infrastructures, la sécurité des biens et des personnes, son rôle devant consister essentiellement à créer les conditions d’un développement du secteur privé considéré comme le moteur de la croissance.
Dans ses réflexions, il affirme que le développement économique n’est possible que si les institutions sont démocratiques. Ce qui implique le respect des droits de l’homme, l’existence d’une justice crédible garantissant les intérêts des investisseurs et d’une véritable société civile.
Chantre d’un vrai partenariat entre le Nord et le Sud pour relever les défis.
L’objectif qu’il poursuit : arrimer les économies africaines au système mondial. Selon Alassane Ouattara, Cela ne peut être atteint que si l’accent est mis sur la coopération régionale en Afrique. Dans ce cadre, il cite à l’envi l’intégration sous-régionale dont il a été l’un des artisans quand il était Gouverneur de la BCEAO.
Partisan d’une société ouverte, il ne manque pas d’exprimer ses inquiétudes sur les tentations de repli nationaliste susceptibles d’entraver cette intégration qui représente un véritable facteur de paix.
D’une manière générale, il estime que le maintien de la paix passe par la mise en place d’un vrai partenariat entre le Nord et le Sud.
Pour Alassane Ouattara, seule une mise en commun des moyens permettra de relever les défis qui se présentent à l’humanité : la gestion de l’environnement, la lutte contre le terrorisme, contre le grand banditismes et les pandémies, la promotion des droits de l’homme.
A propos des droits de l’homme, il pense que l’impunité doit être combattue avec plus de vigueur. C’est la raison pour laquelle, il voit d’un bon œil l’existence d’une cour pénale internationale pour juger les crimes de sang et les crimes contre l’humanité.
Cette vision est présente dans son programme de gouvernement où il énonce les valeurs et l’idéal de paix qu’il veut incarner, où il indique le sens de son engagement en politique. Pour lui, la finalité n’est pas le pouvoir pour le pouvoir. S’il a répondu à l’appel de ses compatriotes c’est parce qu’il pense être utile à son pays.
Dans ce programme qu’il a appelé à dessein « Vivre Ensemble », aucun problème n’est éludé notamment la place de la femme dans la société, le rôle de la jeunesse. Bien sûr, il explique comment il entend remettre le pays sur les rails, lui donner un nouvel élan ; mais, ce qu’il considère comme priorité c’est la construction de la Côte d’Ivoire, en raison des dégâts causés par la politique d’ivoirité.
Selon, Alassane Ouattara, seul un pouvoir tirant sa légitimité des urnes pourra s’atteler à une tâche aussi gigantesque. Il en appelle donc clairement à un renouveau qui passe, selon lui, par l’acceptation de nos différences et par la participation à la gestion du pays de toutes les composantes de la nation.
Héritier du Président Félix Houphouët-Boigny dont il salue l’œuvre de construction nationale, il croit au consensus et au dialogue. C’est pourquoi, il présente l’Accord de Linas- Marcoussis comme le meilleur cadre de règlement de la crise ivoirienne et comme une chance pour ramener la paix et la stabilité.
